English

Prix Hommage

Le conseil d’administration de Renaissance lac Brome a mis sur pied en 2016 un prix hommage pour reconnaître publiquement la contribution remarquable d’une personne, d’un groupe de citoyens, d’une organisation, d’une activité ou d’un projet visant soit l’amélioration de la qualité de l’eau du lac Brome et de ses écosystèmes, soit la restauration ou la conservation des écosystèmes et des milieux fragiles, soit la sensibilisation et l’éducation de la population aux bonnes pratiques environnementales, ou encore la mise en valeur du potentiel éco-touristique du territoire.

Prix Hommage 2018: Marc E. Decelles (à titre posthume)

Marc E. Decelles a été un leader environnemental hors norme et l’un de nos plus éminents concitoyens pour avoir consacré une grande partie de sa vie à la protection du lac Brome et de ses milieux humides. Nous voulons souligner sa contribution en présence de Micheline Croteau, sa compagne et complice, qui a été pour lui un soutien de tous les instants et qui s’est elle-même beaucoup impliquée dans la communauté, encore aujourd’hui au journal communautaire Le Tempo.

Nous savons tous à quel point Marc Decelles tenait à la qualité du milieu de vie de Ville de Lac-Brome. Son caractère bouillant, issu de sa mère irlandaise, ne l’empêchait pas d’écouter les points de vue de ses opposants. Marc avait les idées claires sur ce qu’il estimait important pour le lac et notre milieu de vie en général et ne se gênait pas pour le dire, prenant souvent la tête de dossiers dont personne ne voulait. Sa formation chez les Jésuites (Collège Loyola) en faisait un redoutable amateur de débats enflammés. Il affectionnait particulièrement l’histoire, dont celle des loyalistes et s’est impliqué auprès de la Société d’Histoire du Comté de Brome.

Marc avait son franc parler et a toujours fait preuve d’une intégrité sans faille, ce qui a fait dire à certains qu’il ne faisait pas toujours dans la dentelle. Mais il fallait beaucoup de détermination pour tenir tête à des maires qui favorisaient le développement. Marc a été de tous les grands dossiers environnementaux à Lac-Brome. Mentionnons les projets d’urbanisation des années 1987, les condos du 400 Lakeside, les condos Inverness, le déroutement de la R243, les bouées de navigation sur le lac, la gestion du barrage Foster, les projets de conservation et de protection des milieux humides.

Jeune adulte, Marc a commencé son implication sociale à Longueuil en 1974-1978, comme conseiller municipal, particulièrement intéressé par les parcs municipaux et la Base de Plein Air de Longueuil qui deviendra par la suite le Parc régional de Longueuil et le parc Michel-Chartrand. Son intérêt pour les espaces publics s’est poursuivi à Lac-Brome où il a agi comme bénévole pour l’aménagement du sentier du millénaire Coldbrook (2000-2001), du parc Call Mills et du parc des Vétérans (2010). 

Dès 1976, Marc et Micheline s’installèrent à temps partiel sur la rue du Domaine Brome, tout près de chez Peter Wade qui deviendra un grand ami et un grand complice. CGA, contrôleur fiscal pour Revenu Canada, sans aucun doute très zélé pour dépister toutes les « magouilles » comme il le disait si bien, Marc prit sa retraite en 1996, tout en étant résident permanent à Lac-Brome depuis 1987.

En 1987, il fallait beaucoup de foi, pour ne pas dire de témérité, pour avancer personnellement les fonds pour faire l’acquisition de l’immense et extraordinaire milieu humide qui aujourd’hui constitue la réserve naturelle Quilliams – Durrull. Avec 3 autres environnementalistes tout aussi convaincus que lui, il fonda la Fondation des Terres de Lac Brome Inc. qui possède aujourd’hui plus de 500 acres de terres au pourtour du lac. Il fut administrateur de la Fondation jusqu’à son décès le 7 mars 2014, en plus d’agir comme « gestionnaire de propriété » ou « property manager », surveillant les terres de la Fondation comme si c’était ses propres terres.

L’Association pour la Conservation du lac Brome avait été mise sur pied en 1961 pour améliorer la qualité de l’eau du lac Brome qui était alors dans un état pitoyable, subissant à chaque été de nombreux épisodes de cyanobactéries. Rapidement, après son arrivée au lac Brome, Marc devint président de l’Association et en assura la présidence pendant plus de 15 ans. Marc était aussi membre de Renaissance lac Brome.

Merci Marc pour ton engagement sans pareil, ton franc parler et ton énergie. Merci pour le legs que tu nous as laissé. Merci à Micheline qui t’a toujours soutenu. Merci beaucoup.

Prix Reconnaissance 2018: Edward A. Whitcher

Renaissance lac Brome désire souligner la contribution remarquable de M. Edward ou « Eddy » Whitcher à la qualité de l’eau du principal affluent du lac Brome, le ruisseau Quilliams.

La famille Whitcher possède une grande terre agricole à la limite de Lac-Brome et de Bolton-Ouest, depuis 4 générations. L’arrière-grand-père Whitcher y a acquis cette grande terre, aujourd’hui de 100 hectares, au début de 20esiècle. Installé dans une maison qui date de 1875, l’ancêtre élevait des poules et livrait des œufs à Knowlton, principal village du secteur. Il fut même maire de Bolton-Ouest un certain temps.

Eddy est un homme effacé, toujours prêt à rendre service. Eddy désire laisser sa marque comme agriculteur responsable, très impliqué dans sa communauté, fier promoteur de l’agriculture locale et coopérative, malgré les difficultés que connaît l’agriculture dans notre secteur. Il en est probablement l’un des derniers Mohicans, puisque depuis 100 ans les « vrais agriculteurs » dans le bassin versant du lac Brome sont passés de quelques centaines à quelques dizaines tout au plus.

En 2009, Eddy et Renaissance lac Brome ont réalisé un premier partenariat pour stabiliser certaines sections du ruisseau Quilliams. Cette première intervention a pavé la voie à un projet de plus grande envergure qui a duré 3 ans, soit de 2015 à 2017.

L’année 2015 a été particulièrement occupée par la plantation de plusieurs milliers d’arbustes sur les terres d’Eddy. C’est ainsi qu’Eddy a accepté d’élargir l’emprise de la bande riveraine à 5 mètres et parfois 8 mètres, alors que le règlement ne l’obligeait qu’à 3 mètres. Tout au long des travaux de renaturalisation des berges et de stabilisation des rives du ruisseau Quilliams, Eddy a été présent; il a accompagné les contracteurs et a effectué lui-même plusieurs travaux de préparation du sol.

Merci M. Whitcher pour votre implication à la qualité de notre environnement. Merci pour votre disponibilité et votre appui à des projets de partenariat qui profitent aujourd’hui à toute la communauté.

Prix Hommage 2017: Peter F. Wade

Peter Wade recevant un superbe huard sculpté par Guy Beauregard

Un organisme comme Renaissance lac Brome, tout comme plusieurs autres, ne pourrait mieux être servi par quelqu’un d’aussi dévoué et d’aussi compétent que Peter Wade. Voici le portrait de l’un de nos plus éminents concitoyens lequel a consacré une grande partie de sa vie à la protection du lac Brome et de ses milieux humides.

Peter Wade représente la mémoire vivante de la plupart des grands dossiers qui ont touché à l’environnement du lac Brome depuis plus de 50 ans. Ses archives personnelles représentent une mine incroyable de renseignements, même si Joan, sa compagne de toujours, désespère de récupérer cet espace dans leur maison. Entrer dans le bureau de Peter, c’est entrer dans la caverne d’Ali-Baba.

Peter a été de tous les combats qui ont eu cours à Lac-Brome. Ces combats se sont nommés protection des milieux humides, urbanisation effrénée à Lac-Brome, surtout à partir de 1987, études et acquisitions de connaissances sur le lac et ses écosystèmes.

Dès 1964. Peter Wade et sa famille furent parmi les premiers à s’intaller au Domaine Brome, d’abord comme résidence d’été, puis à temps complet à partir de 1988. C’est là que Peter a développé de solides amitiés, dont celle avec Marc Decelles son complice et avec Yves Roy, son voisin.

Peter est Ph.D. en management et expert en statistiques, fellow de la Société Royale de Statistique. Son esprit scientifique et ses compétences en statistiques ont souvent mises à contribution. Par exemple, le sondage en 1989 en vue de la mise en place des restrictions à la navigation (zone du 150 mètres – 10 km/hre) ou lors des échantillonnages d’eau. Encore aujourd’hui, chaque matin, Peter recueille les données météorologiques et en fait l’analyse; de même il prend sa chaloupe une quinzaine de fois durant l’été pour mesurer la transparence de l’eau du lac.

En 1987, Peter a été le co-fondateur de la Fondation des Terres du lac Brome, avec trois autres résidents passionnés par la protection de l’environnement et la conservation des milieux humides. Il en a été administrateur, trésorier et président pendant de nombreuses années.

En 1989, Peter a été nommé avec trois autres de ses amis soit Yves Roy, Peter Kerrigan et Geoffrey Hudghson membre de la commission de l’environnement mise sur pieds par le conseil municipal de l’époque. Cette commission était un modèle du genre. Elle était une retombée de l’incroyable exercice de participation populaire que constitua « Imaginaction » en 1987 et à laquelle Peter participa activement.

Il a été membre et président de l’Association de Conservation du lac Brome pendant de nombreuses années (1965-1999), en particulier durant les années très intenses où l’urbanisation était en plein essor à Lac Brome : condos Inverness, Condos du 400 Lakeside, déroutement de la R243, système d’égout sur Lakeside, Forum 50, etc.

En 2006, Peter a été l’un des principaux artisans de la relance de Renaissance lac Brome : il a organisé des réunions publiques pour sensibiliser les citoyens et a agi comme vice-président scientifique. Il a fait partie du conseil de RLB de 2002 à 2009, sans nommer tous ses autres états de service à la Chambre de Commerce, au journal communautaire le « Tempo » ou au comité des Sentiers.

Merci Peter pour tous les services que tu as rendus à la communauté, sans compter les heures, sans te laisser décourager par l’indifférence ou le peu de considération des administrations municipales. Peter, tu as été très patient. Merci d’avoir été là. Merci d’être notre ami.

Voir également la réponse de M. Wade lors de l’AGA 2017.

Prix Reconnaissance 2017: James A. Wilkins

James A. Wilkins

Renaissance lac Brome désire reconnaître la contribution exceptionnelle de M. James A. Wilkins à la préservation du lac Brome.

James a été président de Renaissance lac Brome pendant 7 ans, soit de 2009 à 2016; il avait auparavant agi comme trésorier pendant 2 ans et a participé à la relance de l’Association en 2006, faisant passer le membership de l’Association de 100 personnes à plus de 700 aujourd’hui.

James est un enfant du lac Brome; il y a passé son enfance et sa jeunesse, entre autres à la plage Bondville et au Terrace Inn, lieu de toutes les extravagances! Dès 1978, James s’est impliqué avec d’autres comme Peter White, Peter Wade, Marc Decelles, Yves Roy au sein de l’Association pour la Conservation du lac Brome. Des batailles épiques eurent alors lieu, notamment pour la mise aux normes de la Ferme des Canards laquelle se concrétisa finalement en 2002.

James est bien connu pour son caractère bouillant, son franc-parler et son sens de la formule. Il a piloté plusieurs dossiers concernant la gestion du lac, les relations avec les médias et les autorités de la ville, toujours dans le but d’améliorer la qualité de l’eau du lac.

Merci James pour avoir conduit les destinées de Renaissance lac Brome pendant tout ce temps et surtout pour avoir contribué à améliorer la qualité de l’eau qui est aujourd’hui bien meilleure qu’elle ne l’était en 1970.

Prix Hommage 2016: La Famille Fisher-Kerrigan

De gauche à droite: Michel Delorme, Pierre Beaudoin, Marie-Andrée Leblond (artiste), Claire Fisher-Kerrigan, James Wilkins

De gauche à droite: Michel Delorme, Pierre Beaudoin, Marie-Andrée Leblond (artiste), Claire Fisher-Kerrigan, James Wilkins

Cinq générations de Fisher-Kerrigan ont habité et habitent encore sur les rives du lac Brome; elles ont certainement marqué de façon durable l’évolution du lac et de ses écosystèmes et plus globalement de notre communauté dans son ensemble.

D’abord, l’aïeul, Sydney Arthur Fisher, acquit en 1873 un vaste territoire d’environ 400 acres sur la rive est du lac, au nord et au sud de la Pointe Fisher, allant vers l’est jusqu’à la limite du canton de Bolton-Ouest. Une partie de ce vaste territoire est aujourd’hui occupée par les Condos du 400 Lakeside. Rapidement, sous le leadership de M. Fisher, exploitant agricole et homme politique très en vue, la ferme devint un modèle en son genre. Son exploitation était axée sur les méthodes scientifiques et elle fut certainement l’embryon du réseau des fermes expérimentales partout au Canada. À sa mort en 1921, Sydney Fisher créa un Fonds philantropique au bénéfice de l’éducation des jeunes et de la vie rurale, deux valeurs auxquelles il croyait profondément. M. Fisher versa dans ce fonds environ 1 million$ en dollars d’aujourd’hui. Quatre-ving quinze (95) ans plus tard, le fonds est encore en fonction et distribue annuellement des bourses aux étudiants.

Puis, son neveu Philip hérita de la grande maison qu’on appelait “Alva House” de même qu’une grande partie de la propriété. La “Alva Farm” et le reste de la propriété furent légués au gestionnaire de la ferme, M. Arthur Carter. M. Philip Fisher, aviateur et héro de la première guerre mondiale, aimait profondément le lac Brome; il souhaitait le protéger et fut probablement l’un des premiers adeptes de voile sur le lac Brome. De 1969 à 1992, M. Fisher (et après sa mort, son fils John) fit prendre quotidiennement la lecture du niveau du lac pour ainsi aider à mieux gérer le lac. En 1941, Philip Fisher fut un acteur important pour la rénovation du barrage Foster auprès de la Compagnie Southern Canada Power; le barrage rénové permit un meilleur contrôle du niveau du lac. Philip Fisher et son épouse Margaret Linton Southam eurent 6 enfants.

Plusieurs des enfants de Philip Fisher se sont installés sur les rives du lac, à proximité de la maison paternelle (Alva House) et y habitent encore. Parmi eux, il faut mentionner Claire Fisher. Mme Fisher, détentrice d’une maîtrise en travail social de l’Université McGill, mit ses talents et ses compétences au service de ses concitoyens moins fortunés. C’était notamment le début des services communautaires qui inspirèrent les CLSC par la suite. Mme Fisher fut l’âme instigatrice du journal communautaire « Le Tempo » dont elle est encore aujourd’hui l’une des artisanes les plus engagées.

En 1961, la condition du lac inquiétait déjà la population. C’est alors que fut créé l’organisme « Brome Lake Conservation Association ». Cette association vouée à la protection du lac eut comme premier président, M. Peter Kerrigan, mari de Claire Fisher. L’organisme multiplia les démarches pour améliorer la qualité du lac, notamment l’installation d’un réseau d’égout municipal lequel ne vit le jour qu’en 1974 après la fusion (1971).

En 1996, les deux autres filles de Philip, soit Sydney Duder et Martha Hallward, décidèrent de donner en conservation perpétuelle une importante partie de leurs terres originales. Il s’agit d’un boisé exceptionnel de 80 acres, aujourd’hui appelé « Boisé Fisher Woods » donné à la Fondation des Terres de Lac Brome et qui fait la joie de nombreux citoyens adeptes de randonnées.

Encore aujourd’hui, plusieurs représentants de la famille Fisher-Kerrigan sont présents au lac Brome; on en compte au moins cinq soutenant tous concrètement les activités de protection du lac.

Il nous fait plaisir aujourd’hui de reconnaître l’exceptionnelle contribution de la famille Fisher-Kerrigan à la qualité de vie de toute la communauté et à la protection du lac Brome et de ses écosystèmes.