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Agriculture

Pourquoi demander aux riverains des lacs et des cours d’eau de respecter une bande riveraine de 10 – 15 mètres pendant que les exploitants agricoles sont tenus à une bande de 3 mètres (incluant le mètre minimal sur le talus) et que les épandages de lisier y sont faits en grande quantité? Comment se fait-il que dans certains cas, les épandages se fassent en excédent des quantités permises et que dans d’autres cas, ces épandages soient effectués au-delà des dates permises à l’automne, parfois quelques jours avant de fortes pluies? On devrait mieux tenir compte des sols, de la topographie des terrains, de la capacité générale de support du milieu et des prévisions de précipitations!
 
Selon quelle logique demande-t-on aux citoyens de renaturaliser leurs berges alors qu’il n’y a pas si longtemps on assistait au déboisement de centaines d’hectares pour faire de la place à l’épandage de lisier de porc ? Le déploiement de nouvelles techniques pour disposer du lisier devrait-il être accentué, sous réserve que la capacité de chaque bassin versant soit respectée en termes d’unités animales?
 
En matière de bandes riveraines, il existe des solutions qui permettent des rendements spectaculaires. Par exemple, le peuplier hybride est une véritable pompe à phosphore, il croît extrêmement vite et peut être récolté après quelques années. Par contre, tant que ce genre d’aménagement impliquant une bande riveraine élargie fera compétition aux cultures subventionnées, en particulier la culture du maïs qu’on sait très néfaste aux cours d’eau, il est très peu probable que nous progresserons vers des bandes riveraines dignes de ce nom !
 
Le milieu agricole peut se mobiliser pour faire sa part et contribuer lui aussi à l’assainissement de nos plans d’eau. Les agriculteurs sont assaillis par toutes sortes de nouvelles exigences gouvernementales. Ce sont des gens pragmatiques qui, pour la plupart, ne demandent pas mieux que d’implanter sur leurs terres de bonnes pratiques environnementales. Dans notre région, certains agriculteurs se sont engagés dans le programme Prime-Vert. Cependant, cela va trop lentement. Ce serait gagnant pour tout le monde si les exigences bureaucratiques étaient simplifiées et si les multiples organismes gouvernementaux (MAPAQ, MDDEP, Pêches et Océans, Ressources Naturelles et de la Faune, MRC) étaient mieux coordonnés.